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INTERVIEWS

Compte rendu du Challenge Salou 2019 : Le défi d'une cheville enfin guérie !

La saison du triathlon est officiellement ouverte !

Ce week-end a eu lieu le célèbre Challenge Salou, au sud de Barbelone en Espagne. Comme chaque année, il marque le début de la saison de triathlon, car il est placé très tôt : le 7 avril.
Avec ses deux formats ( appelés Short distance et Middle distance) , il offre une belle opportunité de se frotter à soi-même en évaluant l’état de notre forme à l’entrée de la saison. De nombreuses autres activités sportives sont aussi proposées, telles les courses enfants et courses à pied féminines, breakfast run, nage en eau libre etc… Vous trouverez toutes les infos ici : Challenge Salou le site
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En bref pour les puristes, voici les distances proposées pour les deux formats :
Middle distance (communément appelé Half ) 1900m de natation, 90 kil de vélo et 21 kil de course à pied.
Short distance ( proche de la distance appelée M ) 1900m de natation, 60 kil à vélo et 11 kil en course à pied.
Pour entrer dans la saison, j’ai choisi la distance Short, afin de me préparer à un de mes objectifs de l’année : le Half de Barcelone en mai prochain. Mon chéri Jean-Christophe, lui, a opté pour le Middle distance, se sentant plus prêt que moi, compte tenu de ma cheville encore en rémission.

Une météo capricieuse !

Arrivés le vendredi après-midi, nous avons été surpris par le froid et le vent qui sévissaient sur Salou. L’an dernier, les triathlètes avaient été plus chanceux que nous avec un grand soleil, une mer d’huile et pas de vent.
C’est dubitatifs que nous avons observé la mer ce vendredi soir, après une petite bière au chaud dans un bar… Le lendemain ne fut guère plus concluant, un vent à décorner les boeufs, des rouleaux incroyables qui forcèrent l’organisation à annuler à la dernière minute la nage en eau libre prévue, pour des raison de sécurité évidemment !
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Une rencontre bien sympatique !

Lors de notre passage au village Challenge, et après avoir déambulé dans les peu nombreuses boutiques de celui-ci (une belle déception pour nous, ambiance 0, pas de musique, peu de stand…) nous avons rencontré un grand champion très sympathique et très abordable : Marcel Zamora !
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Il ne participait pas à la course cette année, mais était un invité d’honneur. Pour les non initiés, c’est un triathlète professionnel espagnol. Il est quintuple vainqueur de l’Ironman  à Nice, sextuple vainqueur de l’Embrunman et détenteur du record du nombre de victoires des deux épreuves internationales.

Le jour de la course…

Pas de réel changement de météo le dimanche, mais rien n’aurait pu nous ébranler. Mon chéri et moi, bien que pas vraiment rassurés, nous nous sommes préparés comme pour toutes les courses. Petit dej maison, les murmures juste pour soi-même pour se refaire le check-up du matériel, enfilage de combis (uniquement le bas, en cas de pipi de dernière minute) … Bref, on était un peu tendus, mais on était prêts à tout.
C’est Jean-Christophe qui partait le premier, à 8h20, alors que moi, c’était prévu pour 9h00. Comme nous avons nos petits rituels bien à nous, c’est ensemble que nous nous sommes rendus au parc à vélo vérifier que tout allait bien. La mer, bien que plus calme, commençait déjà à s’agiter, et ce maudit vent attaqua ses rafales quasiment tout de suite après notre sortie du parc. ça s’annonçait compliqué…

Après quelques embrassades, mon chéri est allé de mettre dans le sas de départ, et je me suis retrouvée seule sur la plage (les yeux dans l’eau…. Mon rêve était si beau…OK OK ! Sors de ce corps Roch Voisine !!!! 🙂 ). Après le coup de canon du départ, mon désarroi était de plus en plus profond. Le vent se levait de plus en plus, la mer se démontait devant mes yeux, et tous les participants du short distance se regardaient comme des miséreux. Je dois vous faire un aveu. ça a été l’une des décisions les plus compliquées pour moi en triathlon. J’ai eu, il y a 1an et demi une expérience malheureuse dans une mer démontée. Nageuse pourtant, j’ai failli me noyer à cette occasion à cause de rouleaux énormes que je n’ai pas su gérer à l’époque et j’ai vraiment encore en moi les images de cette expérience traumatisante. Je n’en ai parlé qu’à des proches qui connaissent l’histoire, je pensais que l’affaire était réglée dans ma tête mais non. Une immense angoisse est montée en moi ce dimanche 7 avril. Et là je me suis dite : Si tu n’y vas pas aujourd’hui, tu n’iras plus jamais, car cette peur doit être maîtrisée par toi et uniquement par toi. Fonce, tu dois le faire pour reprendre confiance !

Alors ? j’ai foncé !

Coup de canon : c’est parti pour 1900m de vagues, de houle, de courant et de vent qui tourne. Tout le monde s’arrête en pleine mer, pour essayer de voir le ballon ou la bouée au milieu des creux. J’ai même vu une femme qui vomissait en nageant. On est vraiment tarés de faire ça, quand j’y pense ! J’ai froid, l’eau est à 14,5. je ne sens plus mes doigts. Au bout d’un moment, j’arrive à peu près à prendre mon rythme, mais je sais déjà que ce ne sera pas le chrono du siècle en natation pour moi. En même temps, très honnêtement, je ne pense qu’à une chose : rentrer entière au bercail. Il y a quelques secouristes sur des kayaks, un jet ski qui tourne, je suis à peu près rassurée. Je nage et j’essaie de ne pas me perdre, on n’y voit rien !
Au demi-tour, le soleil de face n’aide pas. Mon dieu, c’est la pire natation qu’il m’ait été donné de faire. Celle-là, je m’en souviendrai ! Je vois le bout, la dernière bouée, il reste 400m de retour vers la plage. Les vagues arrivent par derrière (les salopes, pardon… mais c’est ce que je pensais quand je les sentais arriver dans mon dos), et au lieu de m’aider, elles m’enroulent de leur bras unique et sans concession… On est si peu de chose au regard de l’océan… Je me sens toute petite et bien fragile face à cette force de la nature… Bref, roulée, secouée, mais reconnaissante, je sors de l’eau en 40 minutes (contre 33 en temps normal ), bien heureuse de toucher la terre ferme. sauf que …
L’eau froide m’a transie. J’ai les pieds et les mains glacés, ce qui fait que je n’arrive pas à saisir mes affaires dans le sac de transition ! Ma tête veut, mes mains, elles ne peuvent pas pincer ou prendre les objets ! Je me sens comme une nouille à demander à un bénévole de m’enfiler ma veste de vélo et mes chaussettes ! La honte, je vous jure… Mon bon vélo m’attend sagement. Je l’aime si fort à cet instant, lui qui va me permettre de me réchauffer un peuIMG_0416

Une autre paire de manches !

Bon, c’est vrai que rouler est censé réchauffer. Mais là, il m’a fallu presque 30 minutes pour commencer à me sentir bien. Tout ça à cause du vent qui, graduellement monte et s’amplifie. On ne peut pas compter sur lui pour les deux tours de 30kil que je dois affronter, car il change sans cesse. un coup de côté, un coup de face, mais presque jamais de dos. Mon Dieu que c’est dur. Il y a quelques coups de cul à passer pour effectuer la distance de 60 kil avec environ 350m de dénivelé, ce qui n’est pas grand chose en soi, mais qui compte quand on a le vent dans la figure, non de non !
L’ensemble du parcours se passe comme prévu, à environ 25/26 kil/heure, ce que je trouve honorable pour moi, qui suis une piètre cycliste, et qui déteste le vent. Je pose le vélo en 2h22, soulagée et heureuse d’avoir vu mon adorable chéri en pleine forme sur son vélo (lui qui avait 3 tours à effectuer pour faire les 90 kil prévus).

Sous le soleil et le vent, je cours !

Restent les 11 kil de course à pied. La transition se fait vite, 3 min pour poser le vélo, se changer et repartir. Il fait bon, le vent est toujours là mais je n’ai plus froid. Je vois Jean-Christophe dès le départ, car ce sont des boucles et il est en face quand je démarre. ça me fait chaud au cœur, il a l’air bien. Au loin, je distingue une fille qui m’avait doublée à vélo, avec sa trifonction violette. C’est toujours pareil ! Elles me doublent à vélo et explosent à pied. Je suis pas une rapide, moi, mais je suis constante. je la double majestueusement, avec un petit sourire accroché à la casquette et une pointe de satisfaction et d’honneur (je suis pas maline quand même …;_) )
Au second tour, je vois Bernard, un ancien du Cavigal, quand j’étais à Nice . ça faisait au moins 5 ans que je l’avais pas vu ! Il m’interpelle et sa compagne Régine prend une photo que j’adore maintenant, tellement elle est nature.
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J’étais vraiment ravie de les voir. Je croise une dernière fois mon chéri, qui finira 15 minutes avant moi et qui m’attendra à l’arrivée. Je prends un immense plaisir sur cette course à pied qui clôt DEFINITIVEMENT je l’espère le chapitre “cheville cassée, réparée, opérée, ré-éduquée”. je réalise, sur le tapis d’arrivée, que tout ceci n’est plus qu’un vague souvenir, c’est derrière moi. Je boucle les 11 kil en 1h02. J’ai devant moi un avenir florissant, avec, je l’espère, des jolies courses et quelques t-shirt et médailles à piocher. Mais surtout des moments à partager avec mon club, mes amis et mon chéri.

Au final !

Je termine cette première course de la saison en 4h22.
Je suis deuxième de ma catégorie et 1ere dans le cœur de mon chéri, qui fait une course magnifique et une extraordinaire 4eme place dans sa caté ! Il se qualifiera d’ailleurs pour la finale mondiale Challenge en juin prochain. Je suis fière de lui. Et aussi de moi, un peu. Tant de chemin parcouru depuis la fracture… La vie est belle !
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Prochaine course le 19 mai à Barcelone pour le Half Ironman. Mais en attendant, place à la binouze !

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