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Fracture du coude. La médecine par l’épreuve ! Ou comment j'ai fait tout ce qu'on m'a dit de ne pas faire…

Petite rétrospective aujourd’hui sur ma fracture du coude de juillet 2017. Une fracture qui illustre clairement mon côté tête de mule quand on en vient à me parler de repos sportif en plein été !!! J’espère que ce récit contribuera à alimenter les témoignages du net de façon plus légère et surtout plus optimiste car croyez-moi, des scénarios catastrophes, j’en ai trouvé plus d’un!

 

Tout d’abord le contexte… Je venais d’aménager dans le sud et débutais une belle saison sportive. Chaque week-end était l’occasion de partir à vélo dans le Verdon au milieu des lavandes, d’aller grimper mon col préféré, le Mont Ventoux, ou encore de faire le tour de la Sainte Victoire. Et c’est en quittant les terres de la Sainte que la catastrophe se produisit… Enfin devrais-je dire « en voulant quitter les terres de la Sainte » car suite à une erreur de pilotage, j’ai allègrement basculé par-dessus mon vélo pour me réceptionner bras tendu au sol… Comme tout bon cycliste qui se respecte j’ai d’abord inspecté mon vélo, heureusement sans dégât apparent… Avant de rassurer mon partenaire du jour (qui était arrivé chez lui) en lui confirmant que j’allais pouvoir rentrer chez moi en l’état malgré un coude un peu douloureux (OK beaucoup!) et une perte de mobilité marquée. Il ne s’agissait pour moi que d’une contusion. Loin d’imaginer que je m’étais cassée la tête… radiale…, me voilà repartie à vélo pour les 15 derniers kilomètres du jour, et des semaines à venir !

Première phase: le déni…

Non, non et non ce n’est pas cassé ! OK, il y a un souci… Je ne peux plus bouger mon bras, impossible d’enlever ma brassière, j’ai mal, mais pas non plus au point de me dire que c’est cassé ! Mon kiné au téléphone se trouve être rassurant sur la base de ce que je lui décris. Et comme nous étions samedi je n’ai pas souhaité perdre ma journée aux urgences… J’opte donc pour un bain de glace pour soulager ce coude. Mais sans amélioration je fini par prendre la route direction le centre d’urgence médicale le plus proche. Des incertitudes à la radio alors on me prescrit un scanner pour lundi. Et c’est après un weekend douloureux que le diagnostic tombe : fracture franche de la tête radiale non déplacée ….

Réaction réflexe… Je pleure à l’idée de passer l’été le bras dans le plâtre. Le radiologue, pour qui il ne s’agissait pas d’une nouvelle catastrophique tente de me consoler… Le chirurgien ortho dans la foulée m’annonce 8 à 10 semaines minimum avent de songer à reprendre mes activités sportives… C’est à ce moment-là que je deviens inconsolable… ! Je repars en ayant refusé d’être plâtrée car la fracture n’était pas déplacée.

Puis la colère !

C’est tout de même injuste ! Je venais d’arriver dans la région avec une saison sportive plus que prometteuse et me voilà obligée de composer avec un bras non fonctionnel et douloureux. Je n’arrive même plus à prendre quoi que ce soit dans ma main, comme si en plus de la douleur la commande nerveuse ne répondait plus. Le chant des cigales ne m’aura pas permis de profiter calmement de mon canapé. Faisant face à ma toute première fracture j’ai préféré écumer TOUS les sites internet parlant de fracture du coude, répertorier tous les scénarios, les délais de reprises, les risques d’une reprise trop précoce, les différents types de prise en charge et j’en passe de détails qui m’ont permis de dresser MON plan d’action. Celui d’une accro au sport qui a décidé de ne pas se laisser faire par sa fracture.

PicsArt_07-12-04.43.13Nous étions donc à J+3 et déjà j’avais retenu de mes lectures ce qui m’arrangeait : préférer une mobilisation rapide à une mise sous atèle pour éviter les pertes de mobilité, mobiliser le bras régulièrement pour éviter l’atrophie musculaire, faire de la physiothérapie pour stimuler les capacités de réparation tissulaire, faire du vélo sur le home trainer pour éviter les vibrations du squelette et une éventuelle chute…

Bref, trop en colère pour accepter ma situation j’étais prête à en découdre avec ma fracture !

Ensuite la médecine par l’épreuve…

Il va de soi que j’ai rejeté  les « preuves médicales » et tous les délais théoriques de convalescence pour m’attacher à la guérison par « l’épreuve » en sollicitant immédiatement mon coude tellement il m’était impensable d’attendre 8 à 10 semaines…

Fraîchement arrivée sur Aix je fais la rencontre de Baptiste, mon nouveau kiné qui me suivra dans cette aventure. Il a certainement sourit en me voyant débarquer chez lui quelques jours seulement après la fracture alors que l’ordonnance stipulait une rééducation à partir de la 3 semaines… (délai que j’avais déjà négocié avec le médecin!) Mais il a joué le jeu et c’est ensemble que nous avons ajusté mon plan d’action (enfin mon plan de rééducation du coup !). Il m’autorisait des exercices et activités pour satisfaire à chaque RDV mon besoin de bouger un peu plus chaque jour, et je constatais chaque jour une amélioration, aussi petite soit-elle.

En parallèle je n’ai pas été capable d’arrêter mes activités sportives alors je me suis adaptée. Je suis allée rendre visite au Ventoux mais cette fois à pied, j’ai couru sur chemins vallonnés à rythme lent pour éviter de chuter bêtement, j’ai fait du home trainer au soleil sur ma terrasse, je m’étirais le bras chaque jour et il ne se passait pas une minute sans que je tente de serrer ma balle en mousse dans ma main droite.

Entre temps les révélations d’un spécialiste 

Impatiente je décide de faire ma radio de contrôle auprès d’un médecin du sport spécialiste du membre supérieur après 3 semaines. En effet je n’osais pas reprendre le vélo ni la course à pied car il m’avait été dit que les vibrations allaient empêcher le processus de cicatrisation osseuse. N’ayant pas encore trouvé de subterfuge pour contourner ce point j’espérais bien trouver un complément d’information chez ce médecin du sport.

Tout d’abord, la fracture était encore visible à la radio… ! Normal… Mais le médecin a eu un discours très amusant et surtout très rassurant :

Lui : « Vous avez mal ou ? »

Moi : «  Au bras »

Lui : « Vous courrez avec quoi ? »

Moi : « Mes jambes »

Lui : « Alors dites-moi ce qui vous empêche de courir ?! »

Sourire et soulagement… Ce médecin m’explique bien que les principes de précaution des médecins sont à modérer. Et que ce ne sont pas quelques vibrations qui viennent des pieds qui vont fragiliser un cal osseux qui se trouve au coude ! Il me propose de faire TOUT ce que je veux tant que ça ne me fait pas mal… Mélange d’esprit cartésien et d’addiction au sport, j’accepte et c’est à compter de ce jour que j’ai repris le vélo et la course à pied !

Rapidement la reprise

Pile 3 semaines après la fracture j’ai passé le week-end à Embrun et nous avons roulé sur le parcours du mythique Embruman soit 140 km avec un sacré dénivelé… C’était ma reprise en douceur… J’ai également couru. Et cerise sur le gâteau j’ai aussi nagé !

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Là encore quelques adaptations étaient nécessaires. En vélo il me fallait bien anticiper le changement de vitesse car j’avais encore mal et pas suffisamment de force pour appuyer sur les manettes. Sans compter que je ne pouvais pas freiner en descente… Et en natation je nageais le poing fermé pour ne pas prendre appui sur mon bras encore trop douloureux.

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Cette convalescence s’est achevée 6 semaines après ma fracture avec ma participation au triathlon CD d’Embrun sur lequel je termine 12ème féminine avec une natation catastrophique et une course à pied sans vraiment d’entrainement. Une belle satisfaction donc. Et la preuve de l’efficacité de la médecine par l’épreuve !

 

Les leçons de la médecine par l’épreuve… ?

Ecoutez vos médecins, une fracture reste une fracture et selon ses caractéristiques il vous faudra respecter quelques étapes clés. Mais ne noircissez pas le tableau non plus, ne paniquez pas face aux témoignages catastrophiques du net et faites-vous confiance en restant raisonnable. Soyez à l’écoute de votre corps et sachez identifier ce qu’il vous est possible de faire ou pas. Un bon kiné pourra vous accompagner dans ce travail.

N’oubliez pas que nous sommes sportifs avec un potentiel de récupération bien meilleur qu’une personne sédentaire. Or les médecins appliquent souvent des délais théoriques de convalescence adaptés à des non sportifs. Ils en oublient chez nous les frustrations engendrées par le repos sportif qui nous est imposé. Ils sous-estiment notre capacité à tout faire pour reprendre au plus vite. Bref, par principe de précaution rares sont les médecins qui vous guideront vers une rééducation rapide.

La trousse à pharmacie de la fracture ?

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En phase aiguë, si vous avez du baume à la Grande Consoude sous le coude vous pourrez en utiliser. La grande Consoude est un ancien remède stimulant la régénération des tissus  et utilisée sur les fractures et les plaies.

Profitez aussi de cette occasion pour faire un bilan biologique à la recherche d’éventuelles carences, notamment  en Vit D et Calcium. Si besoin d’une supplémentation privilégiez la micro nutrition pour une meilleure assimilation.

Bien boire !!! On en revient aux bases 🙂

Le repos sera indispensable car même si vous êtes abîmé à un petit endroit, c’est tout votre corps qui a été agressé et va œuvrer pour se réparer. Et pour ça il lui faut de l’énergie. Donc si vous ne lui laissez pas cette énergie la consolidation n’en sera que plus lente.

 

Alors voilà, pour ma part c’est un bilan très positif et une consolidation rapide pour cette fracture du coude. J’ai privilégié la médecine par l’épreuve plutôt que la patience en atèle. Un merci tout particulier à mon kiné Baptiste ainsi qu’à l’équipe du cabinet (ktms.fr) pour cet accompagnement dans ma rééducation dès les premiers jours de la fracture et jusqu’à la fin, sans remettre en question mes “excès sportifs”, et grâce à qui j’ai pu récupérer très rapidement de cette fracture, sans perte d’extension ni douleur résiduelle.

Alors à vous de jouer si vous faites face à une situation fracturante!

1 Comment

  1. Sébastien Sebastokrator

    Bonjour, après une chute de vélo le 11 août en espagne et 2 jours de déni comme vous, le diagnostic est tombé: fracture de la tête du radius sans déplacement. il me tarde de reprendre le vélo. J’ai eu le coude immobilisé 9 jours. Je commence la rééducation demain, je ne peux pas plier et détendre le coude complètement. A partir de combien de temps avez vous retrouvé une flexion extension normale?

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