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Escapade

Un Tourmalet surprise dans ma besace !

Mardi 30 juillet 2019. 7h00 du matin. Je suis rentrée hier soir d’un long week-end dans les Pyrénées espagnoles, passé à gravir des cols entre amis et en famille. Les jambes me piquent. Piètre grimpeuse, j’ai réussi à gravir le Portihon et le col de Vilamos le dimanche, 1500m de dénivelé sur 55 kil, et le port de la Bonaiga suivi du Pla de Béret le lundi (1700m de dénivelé et 75 kil).

Bref, il est 7h00 du matin, je suis devant mon déjeuner et mon téléphone bip. Tiens, c’est mon amie Tamara. Bizarre qu’elle m’écrive à cette heure. Je jette un œil vite fait, mais un mot attire mon attention et je lâche ma cuillère : Tourmalet… Le sms est court, simple et efficace : Demain, le Tourmalet avec moi, ça te dit ?” . Purée… Je tâte mes cuisses encore lourdes et endolories. Mais je ne réfléchis pas longtemps. Le deuxième sms de Tamara enfonce le clou : “La météo s’annonce parfaite, c’est pas tous les jours comme ça, tu sais”…C’est bon, I am made like a rat ! Je n’hésite plus et je réponds : Ok, c’est bon, compte sur moi !

Le Tourmalet en quelques mots

Le col du Tourmalet est un col de montagne des Pyrénées centrales françaises, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Tarbes, dans le département des Hautes-Pyrénées en région Occitanie. Il est emprunté par la route des cols. Le col du Tourmalet est le plus haut col routier des Pyrénées situé entièrement en France avec 2 115 m. Il est dominé par le pic du Midi de Bigorre au nord (2 877 m) et au sud par le pic d’Espade (2 467 m).

Il permet de relier les hautes vallées de l’Adour (Bagnères-de-Bigorre, Campan, La Mongie) à l’est et du gave de Pau à l’ouest (Luz-Saint-Sauveur et Barèges). Il permet de relier les hautes vallées de l’Adour (Bagnères-de-Bigorre, Campan, La Mongie) à l’est et du gave de Pau à l’ouest (Luz-Saint-Sauveur et Barèges).

Vue à l’ouest, vers la vallée de Barèges
Vue à l’est, vers La Mongie

Une stèle dédiée à Jacques Goddet, ancien directeur du Tour de France, est présente au sommet. Se trouve également, une partie de l’année, une sculpture représentant un coureur nu en danseuse : Le Géant.

Sources : wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Col_du_Tourmalet

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Commençant par le versant est à Sainte-Marie-de-Campan (851 m), l’ascension a un profil de 17 km à 7,4 % de moyenne. Le début est facile avec des pourcentages modestes sur une route essentiellement rectiligne mais une fois à la sortie du hameau de Gripp (1 020 m environ) au km 4,6, cela se corse7. À partir de Gripp, il reste en effet 12,5 km à 8,7 %. Un peu plus loin, la route passe à côté du petit village d’Artigues-Campan. Entre ce petit village et le onzième kilomètre environ on traverse parfois de la forêt avec pour seule véritable épingle le lacet du Garet (1 423 m) au km 9,3. 2 km environ avant La Mongie, on commence à passer sous des paravalanches et on devine le barrage de Castillon plus bas à droite. Cette portion avec les paravalanches avant La Mongie est difficile avec des passages à 10 %. À La Mongie où l’on entre au km 12,5, la pente est également raide avec un passage à 11 %. C’est dans cette station qu’on trouve un téléphérique qui monte au pic du Midi de Bigorre (2 876 m) et que l’on peut aussi rencontrer des lamas. Après il reste 4,5 km dans un décor de pâturages et de remontées mécaniques. Certaines épingles sont effrayantes et nécessitent des relances énergiques. Finalement, ce versant est plus dur que le versant ouest malgré sa moyenne de pente inférieure car ce sont les quatre premiers km qui baissent la moyenne mais après il y a peu de répit.

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Par le versant ouest, l’ascension débute à Luz-Saint-Sauveur (711 m) pour 18,3 km à 7,7 %. Ce versant ouest est un peu moins pentu, comprenant souvent des pentes à 7 ou 8 %, que le versant est. Entre Luz-Saint-Sauveur et Barèges au km 7, on trouve fréquemment des lignes droites. À la sortie de Barèges, les cyclistes rencontrent une pente à 9 % pendant un kilomètre. Entre Barèges et le km 16, la route serpente entre de superbes pâturages. À 5 km du sommet, on aperçoit le pic du Midi de Bigorre. Entre les km 14 et 17 (avant-dernier km) la pente est régulièrement à 8 %. Le dernier km présente 10 % de déclivité. La sortie de Barèges et le dernier km sont donc les passages les plus difficiles de cette ascension mais sur l’ensemble la pente est régulière.

Mercredi matin, 10h00, Bagnères de Bigorre…

Après 2h00 de route au départ de Montauban, nous arrivons, Tamara, Béate (une amie allemande qui fera le Tourmalet aussi pour la première fois) et moi dans le village de Bagnères de Bigorre, dans les hautes pyrénées. Nous avons décidé de monter le col par Sainte Marie de Campan. Tamara est plutôt détendue, mais Béate et moi, nous nous posons plein de questions. Arriverons-nous au sommet ? La météo sera-t-elle vraiment clémente ?

Une fois garées, nous enfourchons nos bicyclettes pour dérouler quelques 13 qui relient Bagnères à Sainte Marie. L’ambiance est bonne, nous nous mettons en jambes tranquillement et nous arrêtons au pied du col pour charger un peu les gourdes à la fontaine. Le plus dur nous attend. J’ai peur !

Sainte Marie de Campan : c’est parti pour 18 kil d’ascension !

Le départ du col est traitre. Il est assez roulant, et on aurait tendance à s’emballer un peu, en se figurant que ça va, finalement, être plus simple que prévu. Sauf que… non ! Au bout de 4 kil avec un faible dénivelé, les choses sérieuses commencent et je sens bien que ça va être long… Tamara reste avec moi pour le moment, car Béate aime l’idée de vivre cette aventure dans son monde. Elle a envie d’être à son allure et a peur qu’on se force à rester avec elle. Je respecte ça, je sais que moi, c’est souvent pareil. Je suis régulièrement dernière de mon groupe en bosse, et je déteste ce sentiment d’obliger les autres à rester à notre allure.

Au kil 5, je trouve mon allure, et j’essaie de la garder. ça monte bien, mais c’est régulier. il y a des panneaux, tous les kilomètres, comme dans tous les cols, qui indiquent la suite du programme… Mon dieu, je n’en suis qu’à l’entrée. Le plat de résistance arrive, et il a l’air copieux.

Kil 6, je propose de faire une mini pause, pour voir comment va Béate, au loin, et pour manger une barre. Le brouillard arrive, et il vaut mieux ne pas rester trop longtemps immobile. On est très vite refroidies. Reprise de l’effort, et le brouillard continue à s’installer. Nous passons au dessus d’un cours d’eau, la pente durcit et nous voyons de la buée sortir de nos bouches en pédalant. Il doit faire environ 10 degrés, au mieux. Peut-être moins, mais je n’ai pas froid, car mon effort me maintient à température.

Peu de place au répit. Pas de place au repos. Dans notre ascension, une odeur particulière nous interpelle. ça sent l’animal domestique. On n’y voit goutte, mais des beuglements expliquent tout. Il y a des vaches partout, qui broutent dans le brouillard, et qui traversent la route à leur bon vouloir ! Sans nul doute, cette ascension est bien bucolique.

Kil 11, ça se dégage légèrement sur une route jalonnée de pare-avalanches. Des brebis et des moutons partout qui font leur vie. Je vois un virage qui “semble” un peu plus plat. Je réclame une autre mini pause. Elle fait du bien.

J’enlève les lunettes, on voit plus rien avec le brouillard

Kil 13, on arrive à l’entrée de La Mongie. Le soleil commence à sortir des nuages, c’est beau ! Ambiance village de montagne, avec son cortège de télécabines et de télésièges, encore des troupeaux de brebis qui traversent par tout et des ânes qui braient le long de la route. Je suis fatiguée, mais émerveillée comme une gamine de 10 ans. C’est beau, c’est simple, c’est enivrant ! Tamara reçoit un message de Béate, qui galère un peu et qui a besoin d’aide psychologique. Je lance à Tamara ” Vas-y, tu peux me laisser, il reste 4 kil jusqu’au sommet, je vais les finir seule ! On se retrouve là-haut !”. J’en profite pour faire quelques photos de la vue.

Dernière ligne “droite” : La Mongie — Le sommet du col

Les affaires se corsent sérieusement. La pente ne descend pas au dessous de 9,5%. J’ai mal aux guiboles. Je double un gars qui galère vraiment, avec son gros vélo bien lourd. Un tandem électrique me double et m’encourage. Un couple de vélo touristes, sacoches chargées à bloc , se sont arrêtés pique-niquer face à la montagne. Personne ne juge, personne ne se moque. On est tous dans la même galère et on a tous le même objectif : arriver en haut. J’en vois plus la fin. Je suis au bout de ma vie, moi qui suis tellement nulle en grimpe ! J’enrage ! Mais je pédale.

Dernier kilomètre. le plus dur en dénivelé, avec aucune indication d’où se trouve le sommet. je ne vois que des lacets, à l’infini ! Encore un virage, qui doit être au moins à 11/12% , je suis collée à la route, je tire sur le guidon, je souffre et ça se voit ! Les cyclistes que je croise sont pas en meilleur état. Dernier parking voiture en vue. ça sent la fin, mais je ne vois toujours pas le sommet. Il est où, bon sang !! C’est la clameur que j’entends qui me donne un indice. Juste derrière une butte, là, à gauche, je vois un cycliste s’engouffrer et des cris retentissent juste après lui. Je le suis et là c’est juste incroyable ! Des tas de gens, des badauds, des cyclistes, des motards, des piétons, des jeunes, des vieux ! Tout un tas de gens, sur les bords de la route et là, juste en haut, le sommet avec sa célèbre statue sur fond de ciel bleu ! Et tous ces gens qui applaudissent, qui encouragent, par plaisir, par générosité. J’atteins le sommet du col, exténuée, au bord des larmes, je n’y crois pas. Un cycliste passe juste à côté de moi et me tape l’épaule en me disant “Good Job Lady”… Les larmes sortent, c’est trop d’émotion. Je me vois, toute petite, tellement pas douée en vélo, là, sous la statue. Je ressens une fierté immense. Le gars propose de me prendre en photo, et évidemment je dis oui !

La photo mythique

Un petit bistrot bien sympathique

En attendant que les copines arrivent, je décide de me prendre une petite bière, au soleil, avec un énorme sandwich jambon de pays/ fromage de brebis. Un repas de roi, qui vaut tous les restos de luxe. Tout est prévu : de quoi accrocher les vélos, faire sécher son maillot, s’étirer. Ce petit bar au sommet du col est une bénédiction. Je prends quelques photos de la mer de nuage, c’est une merveille !

Mes amies me rejoignent quelques temps après. Tamara a été d’une grande aide pour Béate, qui a découvert son mal des montagnes. la pauvre, elle a un mental d’acier, car elle a quand même réussit à surmonter ce mal pour atteindre le sommet.

Le sourire avant tout

Pratiquement 3 jours après cette ascension, je crois que ma tête est toujours là bas. Gravir un col mythique ouvre d’autres horizons, et surtout, ça m’a débloquée quand à mes capacités. ça m’a donné confiance. Et surtout, j’ai envie d’en refaire ! Plein !!! Vraiment, j’ai adoré ça.

La vie est comme faire du vélo. Pour garder votre équilibre, vous devez continuer à avancer.

Albert Einstein

Albert Einstein Mathématicien, Physicien, Scientifique (1879 – 1955)

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